
04 septembre 2026
Lumière
Qu’elle émane directement du soleil ou qu’elle soit reflétée par le verre, la lumière occupe une place importante dans les créations. L’Institut Calvet vous invite cette semaine à observer ses exemples de jeux de lumière.
La lumière divine.
Pour voir une lumière divine, il suffit de regarder l'Intérieur d'église de Heinrick van Steenwyck le Jeune.

Heindrick van Steenwyck le Jeune (1580-1649) est un peintre flamand. Son père, artiste, l’initie à la peinture. Ensemble, ils vont produire plusieurs scènes similaires à cet intérieur d’église. À la mort de son père, il poursuit ce travail.
Ce tableau date de 1614 et représente l’intérieur de l’église protestante de Saint-Pancrace à Leyde, aux Pays-Bas. La perspective donnée par les nombreuses voûtes qui s’enchaînent donne une impression d’infini à l’édifice. La transparence des vitres rend la scène chaleureuse. La lumière jaunâtre qui traverse la scène de part et d’autre rend vivant le travail du peintre. Les reflets de la lumière sur le marbre jaune et bleu intensifient cette impression d’une église baignée de clarté.
Van Steenwyck représente également des groupes d’hommes et de femmes. Ils sont en train de parler ou de marcher. Tous vêtus de noir, ils ressortent dans cette composition très éclairée.
La représentation de cet intérieur monumental reste une étude d’intérieur d’église. On y retrouve des tableaux ainsi que des tombes de saints. De chacune des chapelles émane un rayon de soleil.
La lumière reflétée par le verre.

Verre soufflé, Les objets insolites de la collection de l’Institut Calvet, Inv N24
Si la lumière est utilisée par les peintres sur leurs toiles, il ne faut pas omettre une manière ancestrale de jouer avec la lumière : le verre.
Considéré comme un objet insolite des collections de l’Institut Calvet, ce verre soufflé est obtenu par un procédé vieux de plus de 3 000 ans, qui nous vient du Moyen-Orient.
Le verre s’obtient par un mélange de sable pur, de soude et de calcaire. Cet assemblage permet de créer une pâte qu’il est ensuite possible de cuire dans un four à forte chaleur pour obtenir un verre plat plus ou moins opaque. L’implantation du verre en Europe par les conquêtes romaines a aidé à l’installation de verreries, notamment en Italie à Murano. Très vite, plusieurs manières de produire du verre sont trouvées et utilisées.
L’évolution de la technique et la recherche de finesse et de détails amènent les verriers à souffler le verre. Cette pratique prend son essor en Syrie au Ier siècle avant Jésus-Christ grâce à la canne à souffler. Cet instrument offre à l’artisan une aisance et une manipulation plus souple en augmentant la distance du souffleur avec le four. Deux siècles après cette avancée, il est possible de colorer le verre, par des pigments.
Le verre soufflé que vous pouvez admirer ici n’a pas d’origine certaine. Il daterait du XVIe siècle et viendrait de Venise. Plusieurs hypothèses invérifiées ont été émises sur cet objet. Il pourrait s’agir d’un outil à pâtisserie ou d’un verre raté.
Les reflets que l’on peut observer sur le verre nous permettent de voir la lumière sous un autre angle. Le fait que le verre ne soit pas totalement transparent permet à la lumière du soleil de le traverser, mais aussi d’être reflétée. Certains rayons rebondissent sur la surface du verre soufflé, ce qui crée les reflets nacrés que l’on observe sur l’image.
La lumière dans l'obscurité.
Les personnages représentés par Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) sont saint André Corsini et sa mère. Sur ce dessin, saint André est jeune et n'a pas encore vécu la vie de repenti qu'il aura. André est un jeune homme qui mène une vie de débauche, il dilapide l'argent familial, entretient des relations hors mariages et ne s'intéresse pas au travail. La légende raconte qu'un soir, la mère d'André parlant à son fils, lui avoue que, durant sa grossesse elle a rêvé qu'elle accouchait d'un loup qui deviendrait un agneau en rentrant chez les Carmes. Cette confession aurait amené André à prendre sa vie en main. Il aurait dès le lendemain cherché à rejoindre les Carmes de Florence. Ce choix l'a amené à devenir pêtre en 1328. Il va entreprendre des études théologiques d'abord à Avignon puis à Paris. Il deviendra l'évêque de Fiesole en 1360 et est aujourd'hui connu pour être un apôtre de la paix entre les villes italiennes.

La représentation de Jean-Baptiste Oudry retranscrit le moment où sa mère raconte son rêve à André et capture le moment précédant un changement important de la vie du futur fidèle.
Ce dessin est fait sur un papier bleu qui permet à l’artiste de pouvoir donner l’illusion d’une scène de nuit avec des teintes bleutées. Pour créer du contraste et de la profondeur à la scène, Oudry ajoute des détails à l’encre brune, en noir ou à l’aide de gouache blanche. L’usage du blanc crée des points de lumière.
Œuvres :
Verre soufflé, Les objets insolites de la collection de l’Institut Calvet, Inv N24
Bibliographie :
Marcel Puech, un don, une vie.
Les objets insolites du Musée Calvet, catalogue d’exposition Printemps des Musées 1999, Avignon, Pierre Provoyeur, Odile Cavalier, Sylvain Boyer.
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