28 août 2026
Le vin dans tous ses états : photographies de Charles Bartesago
Admirez le savoir-faire de notre belle région viticole à travers l’objectif du photographe Charles Bartesago !

Les vendanges commencent !
Derrière chaque verre de vin se cache le travail minutieux des vendangeurs. Dès les premières heures du jour, ils parcourent les rangs de vigne pour récolter, grappe après grappe, des raisins arrivés à parfaite maturité. Ce travail, à la fois physique et précis, demande de l'expérience, de la patience et un grand savoir-faire.
Le territoire viticole vauclusien a été marqué par le travail et les efforts d’un homme : Joseph Ducos.
Joseph Ducos s’installe au Domaine de la Nerthe en 1877. Au cours de cette période, il devient éxécueur testamentaire et vice-président de l’Institut Calvet. En 1893, il devient le maire du village de Châteauneuf-Calcernier. Il le débaptisera pour lui donner le nom de « Châteauneuf-du-Pape ». Précurseur de la reconstitution des vignobles dévastés par le phylloxéra au XIXe siècle, il fit replanter de nombreux cépages pour faire repartir les vignes vauclusiennes. En parllèle, il fut président de la Société d’Agriculture du Vaucluse.

À partir de septembre, les vignerons s’affairent : les vendanges commencent !
Cette période de l’année réunit ouvriers et vignerons de tous horizons pour récolter le raisin et le transformer en vin, boisson d’excellence de notre belle région.
Sur cette photo de Charles Bartesago, on aperçoit les charrettes tirées par des chevaux, sur lesquelles sont fixées des pastières. Celles-ci sont de grandes cuves métalliques ouvertes placées sur une charrette ou un tracteur pour recevoir et transporter le raisin coupé dans les vignes. On y vide les hottes ou les seaux des vendangeurs au fur et à mesure de la récolte.
Ici, les vendangeurs déchargent les pastières aux différentes ouvertures de la cave. Le raisin tombe dans une trémie qui le fait descendre ou monter dans la cave pour les étapes suivantes de la vinification : après l’égrappage (récolte du fruit), c’est le foulage (ou pressurage), la fermentation (transformation du sucre du fruit en alcool par les levures) et l’élevage en fût, où le vin obtient tout son caractère.
Pour obtenir ce nectar, ce n’est pas de tout repos ! Les équipes arrivaient dès l'aube, avant que la chaleur ne s'installe. Chacun connaissait son rôle : les coupeurs avançaient dans les rangs, les hotteurs récupéraient les grappes et les versaient dans les pastières, et les attelages faisaient la navette entre les parcelles et l'exploitation. Les charrettes étaient déchargées au fur et à mesure afin que le raisin soit vinifié le plus rapidement possible, une condition essentielle pour préserver sa qualité.
Au-delà du travail, les vendanges représentaient un moment unifiant de la vie rurale. Pendant quelques semaines, le domaine accueillait des ouvriers saisonniers parfois venus de plusieurs dizaines de kilomètres. Les repas étaient pris en commun, souvent préparés par la famille du propriétaire, et la fin de la récolte donnait traditionnellement lieu à un repas de fête célébrant l'achèvement de ce travail ardu !

Cette photographie nous fait pénétrer dans les locaux de la cave Paul Avril de Châteauneuf-du-Pape, pour une autre étape essentielle de la vie du vin qu’est l’étiquettage des bouteilles. Après les vendanges, la fermentation et l'élevage, vient le temps de préparer chaque bouteille pour son voyage vers les caves des négociants, les restaurants ou les particuliers. Dans ces années 1900, tout est réalisé à la main.
Ces deux jeunes femmes sont absorbées par leur travail. Devant elles, s'alignent des dizaines de bouteilles déjà remplies. Elles étiquettent les bouteilles et rangent les matériaux d’emballage, de longues fibres de paille, des liens et de grandes corbeilles tressées. Ces gestes sont précis, répétés des centaines de fois dans la journée. Une bouteille est saisie, enveloppée dans la paille, solidement ficelée, puis déposée avec les autres, prête à être glissée dans une caisse de transport.
Avant la généralisation des cartons alvéolés et des emballages industriels, la paille constituait la meilleure protection contre les chocs. Elle amortissait les vibrations des transports en charrette puis en chemin de fer, tout en laissant circuler l'air autour du verre.
Si les femmes étaient très présentes dans les vignes au moment des vendanges, elles participaient aussi aux travaux de la cave. Le bouchage, le capsulage, l'étiquetage, l'emballage ou encore la préparation des commandes leur étaient fréquemment confiés. Ces opérations demandaient de la minutie, de la rapidité et une grande régularité d'exécution !

Cette photographie nous transporte à l'intérieur de la cave de Paul Avril, à Châteauneuf-du-Pape, dans les premières décennies du XXᵉ siècle. Elle témoigne d'une étape essentielle de la vie du vin : sa préparation pour le commerce.
Ces quatre ouvriers sont en plein travail, occupant chacun un poste bien défini dans cet atelier d'emballage. On aperçoit l’inscription « Clos des Papes – Paul Avril » sur les caisses en bois. À une époque où les bouteilles circulent dans toute la France et commencent à être exportées, le marquage des emballages constitue un véritable gage d'origine et de qualité.
On pourrait presque entendre le rythme des marteaux et le frottement des caisses que l'on fait glisser d'un poste à l'autre. Au premier plan, l'un cloue le couvercle d'une caisse de transport. À droite, un autre achève l'assemblage avant l'expédition. Au centre, un troisième actionne une presse qui maintient solidement les caisses pendant leur fermeture, tandis que son compagnon prépare les emballages suivants. Derrière eux, un large panneau d'outillage rassemble marteaux, scies, pinces et gabarits, soigneusement rangés à portée de main pour une organisation sans faille !
Cette photographie rappelle que, bien avant l'apparition des cartons imprimés et des chaînes automatisées, les bouteilles étaient expédiées dans de solides caisses en bois de sapin, fabriquées ou assemblées directement au domaine. Ces caisses protégeaient le vin durant les longs transports par chemin de fer ou par roulage, souvent sur plusieurs centaines de kilomètres. Elles facilitaient également la manutention et constituaient un support publicitaire durable : les caisses étaient marquées à l’aide d’un pochoir qui indiquait le nom du domaine, l'appellation et parfois le nombre de bouteilles qu'elles contenaient. Le nom du producteur accompagnait le vin jusqu'au négociant ou au restaurateur !


