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27 février 2026

Expressions françaises à utiliser au Salon International de l’Agriculture 

Cette année, le Salon International de l’Agriculture se tiendra entre le 21 février et le 1er mars à Paris. Cet événement incontournable met à l’honneur les agriculteurs, leurs savoir-faire et la richesse de leur travail. Véritable vitrine du monde rural, il valorise la diversité des terroirs et rappelle l’importance fondamentale de l’agriculture dans notre quotidien.

Mais saviez-vous que le monde agricole ne nourrit pas seulement nos assiettes… il nourrit aussi notre vocabulaire ?

À l’occasion de cet événement, l’Institut Calvet souhaite mettre en lumière quelques expressions françaises inspirées de la nature. En effet, notre manière de parler est marquée par des métaphores issues de la terre, des animaux et des récoltes.

Voici quelques œuvres de l’Institut qui illustrent ces expressions anecdotiques :

« Nature morte », attribuée à Jacob van Es

Dans cette composition, un plat de pommes et de prunes se détache sur un fond sombre. Une lumière venant de la droite éclaire les fruits, révélant les contrastes de couleurs, la richesse des textures et de subtiles variations de tonalité. Longtemps considérée comme un genre mineur, la nature morte constituait en réalité un véritable exercice de virtuosité : elle permettait aux artistes de démontrer leur maîtrise de la lumière, du détail et de la composition. Chaque reflet, chaque ombre témoigne d’un travail minutieux et d’une grande sensibilité picturale.

Cette œuvre fait écho à la locution « tomber dans les pommes », qui signifie s’évanouir ou perdre connaissance.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’origine de cette expression fait débat et deux principales explications sont avancées. Selon une première hypothèse, elle dériverait d’une ancienne tournure signifiant « tomber en pâmoison ». Le mot pommes serait apparu plus tard, à la faveur d’une transformation populaire, sans lien direct avec le fruit lui-même.

Une seconde interprétation l’associe à George Sand, qui employait dès 1830 la formule « être dans les pommes cuites » pour évoquer un état de grande fatigue, proche de l’évanouissement, à l’image de fruits devenus mous après cuisson.

Attestée au XIXe siècle, cette expression conserve ainsi une part de mystère. Si son étymologie exacte demeure incertaine, l’image des pommes s’est imposée dans l’imaginaire collectif, renforçant l’idée d’une chute soudaine et involontaire.

« Chevaux effrayés par l’orage », XIXe siècle, de Carle Vernet

Au premier plan, deux chevaux se cabrent, saisis par la peur. Par la tension de leurs corps, l’intensité de leur regard et le mouvement nerveux de leurs membres, l’artiste traduit l’effroi. À l’arrière-plan, un ciel chargé de nuages noirs est traversé par un éclair, accentuant le caractère dramatique de la scène.

Cette scène illustre parfaitement la formule « monter sur ses grands chevaux », c’est-à-dire adopter un ton arrogant et agressif.

Au Moyen Âge, les chevaliers utilisaient de grands chevaux de guerre pour impressionner l’adversaire et affirmer leur supériorité. Cette image a donné naissance à une tournure évoquant l’emportement et la posture dominante.

Statue d’une tête de taureau, anonyme

Dans l’Antiquité, le taureau symbolisait la puissance, la vitalité, la fécondité et la prospérité. Présent dans les iconographies égyptienne, grecque et romaine, il était associé aux divinités et parfois offert en sacrifice afin d’assurer protection et abondance.

Cette représentation entre en résonance avec l’image « prendre le taureau par les cornes », autrement dit affronter une difficulté avec courage et détermination.

L’origine de cette locution semble reposer sur deux principales interprétations. Selon la première, issue du monde rural et des traditions taurines, l’image serait née d’un geste concret et audacieux : saisir un taureau par les cornes exige force, maîtrise et sang-froid. La formule symbolise ainsi l’action directe face à une difficulté, sans détour ni hésitation.

Une seconde hypothèse fait remonter cette image à l’Antiquité, notamment au septième travail d’Héraclès, qui captura le taureau furieux de Crète en le maîtrisant par les cornes après une lutte acharnée.

« Tête et mufle de vaches », de Jean-Jacques de Boissieu

Au premier plan, une vache blanche fixe le spectateur. Derrière elle apparaît partiellement le visage d’une seconde vache aux tons orangés. Le fond uni, d’un orange clair, confère à la scène un caractère intemporel et concentre toute l’attention sur le regard expressif des animaux.

Cette œuvre évoque l’interjection familière « Oh la vache ! », employée pour marquer la surprise, l’étonnement ou l’admiration.

Son origine remonte au début du XXe siècle dans le langage populaire, liée à l’image de la vache comme animal fort et imposant ; une théorie populaire évoque les bourgeois du XVIIe siècle protestant contre les vaches laitières errant en ville (« oh la vache ! » pour signifier « dehors »), mais l’usage moderne comme interjection d’étonnement s’est développé plus tard via l’antiphrase de « vache » (signifiant d’abord « méchant » vers 1906) 

Les expressions françaises présentes ici révèlent la richesse imagée du langage populaire, mêlant animaux et nature pour dépeindre émotions et actions humaines.

Ces œuvres, du XVIe au XIXe siècle, ancrent ainsi poétiquement ces locutions dans un héritage culturel vivant, où l'art reflète la sagesse populaire du quotidien.

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