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07 juillet 2026

Comme un air de Provence

Que diriez-vous de vous asseoir au bord d’une fontaine, au soleil et d’entendre le chant des cigales ?  L’Institut Calvet vous invite à voyager en Provence pour les vacances. 

 

À l'ombre du grand olivier

L’olivier, paysage en bord de mer, Jean-François Raffaelli, XXe, 1945, legs de Mme Verdet à l’Institut Calvet, Inv : 22.226.

Quoi de mieux pour représenter la Provence que l'olivier ? Cet arbre, introduit il y a 3 500 ans par les Grecs venant fonder Massalia (Marseille), est aujourd'hui l'un des signes de prospérité de la région. Symbole de la douceur de vivre, il est indissociable de la faune que l'on rencontre en Provence.

L'origine sacrée de l'olivier vient d’un épisode mythologique où Poséidon et Athéna se disputent la possession de la ville d'Athènes. Zeus, pour les départager, les incite à faire un cadeau à la cité afin que les citoyens choisissent leur représentant. Poséidon offre aux Athéniens une source d'eau salée pour représenter sa capacité à les aider sur le plan naval ; Athéna leur offre un olivier, symbole de bonne récolte. Rien d'étonnant alors, sachant que l'huile d'olive devient en Grèce un cadeau olympique, que les Phocéens partis créer une nouvelle colonie aient emporté avec eux des pieds d'olivier.

L'olivier renaît indéfiniment de sa souche et reste persistant quelle que soit la météo. Celle de la Provence, ensoleillée, lui permet de prospérer. La représentation de Jean-François Raffaëlli met en lumière un olivier poussant au bord de la mer, fort et âgé.

 

 

La Fontaine de Vaucluse, Hubert Robert, 1783, achat de l’Institut Calvet en 1965 à Paris, musée Calvet, Inv : 22 656

 

À la claire fontaine

Tout comme le peintre Hubert Robert (1733-1808), invité pour peindre les monuments romains de la France méridionale afin de décorer le château de Fontainebleau en 1785, arrêtons-nous à Fontaine de Vaucluse.

Cette source est la plus grande résurgence d'Europe, ce qui signifie que l'eau présente vient des profondeurs de la Terre pour irriguer l'Isle-sur-la-Sorgue. Cette résurgence se caractérise par un fort courant et par une température stable à l’année à 12.5-13°C. 

Dès le XVIIIe siècle, visiter la « fontaine de Vaucluse » fait partie du Grand Tour. Le Grand Tour est un voyage effectué par de jeunes hommes en études, qui visitent les grandes villes européennes. Dès lors, visiter la Provence fait partie d'un parcours restreint avant d'aller en Italie. Ce passage par Fontaine de Vaucluse amène à se remémorer la vie du grand poète Pétrarque, qui a vécu dans la région.

La représentation d'Hubert Robert permet d'admirer la beauté des paysages de Provence. Il y peint les vestiges du château encore visibles de nos jours. Ce château date du XIIe siècle et a été, pendant un temps, celui des évêques de Cavaillon. Face au gouffre, la vue du château et de la falaise met à l'honneur la nature. Depuis le château, le panorama que l'on peut observer offre une vue d'ensemble sur le village typique provençal. Grâce aux détails de la représentation de l'eau, aux ajouts de blanc et au contraste entre l'eau sombre et la berge claire, le peintre souligne le courant naturel.

Au premier plan, plusieurs groupes de personnages sont visibles : sur la droite du tableau, il y a deux personnages, un homme et une femme. La jeune femme porte une tenue de lavandière. Sur le côté gauche, un autre groupe de quatre hommes regardent la fontaine de Vaucluse.

Quel est ce bruit ?

 

Cigales de France, collection François Luault, achat de l'Institut Calvet, 2015.

Dès que le thermomètre dépasse les 25°C, nous pouvons entendre chanter les cigales.

En réalité, les cigales ne chantent pas, mais exécutent une cymbalisation. Ce phénomène décrit la manière dont, pour séduire les femelles, les mâles se servent de leur corps afin d'émettre ce bruit si particulier. De chaque côté de leur abdomen se trouvent deux membranes rigides qui, en s'ouvrant et en se fermant, forment un système semblable aux cymbales que nous connaissons, permettant aux cigales de produire un claquement atteignant les 900 répétitions par minute.

Cette parade nuptiale est réalisée en groupe et peut dépasser 90 décibels. Ce sont les insectes les plus bruyants de la planète ! Ce bruit, est typique de la Provence et annonce l'été.

La variété la plus courante dans la région est la cigale grise, dite Cicada orni, qui mesure 3 à 4 centimètres. Elle se nourrit de sève et a une durée de vie de 4 à 6 ans. Celles que vous pouvez observer dans nos collections présentées au Muséum Requien viennent du monde entier. 

Aujourd'hui, sa figure est déclinée pour décorer les maisons et symboliser la chaleur et la joie de vivre

 

Nectar royal

Planche du livre, Mémoires pour servir à l’histoire des insectes, de Réaumur, de l’Académie Royale des Sciences, Tome Cinquième, Suite de l’histoire des mouches à deux ailes et l’histoire de plusieurs mouches à quatre ailes, savoir, des mouches à scies, des cigales & des abeilles, XVIIIè siècle à l’Institut Calvet, Bibliothèque Requien, Inv : 4.649.

Le miel est un produit précieux et de luxe dès le Moyen Âge. Sa production comme sa consommation sont rares. La Provence offre aux amateurs de ce nectar des variétés spéciales : le miel de lavande et le miel de fleurs.

Le scientifique et naturaliste Réaumur, René Antoine Ferchault de (1683-1757), étudie les insectes en tout genre et dédie un de ses ouvrages aux abeilles. Son ouvrage Mémoires pour servir à l'histoire des insectes est fondateur pour l'apiculture.

Dans ce livre, il partage ses observations et ses dessins d'outils pour récolter du miel. Sur la planche, nous pouvons admirer un costume d'apiculteur, divers types de ruches, certaines en « liège », d'autres en « caisses », qui ont pour objectif d'aider les abeilles à polliniser. Le miel en Provence a des vertus thérapeutique et esthétique et est aujourd’hui fortement consommé. 

 

Oeuvres : 

L'olivier, paysage en bord de mer, Jean-François Raffaelli, XXe, Legs de Mme Verdet à l'Institut Calvet, 1945, dépôt de l'Institut Calvet, Inv : 22.226.

La Fontaine de Vaucluse, Hubert Robert, 1783, Achat de l'Institut Calvet en 1965 à Paris, musée Calvet, Inv : 22.656.

Cigales de France, collection François Luault, achat de l'Institut Calvet, 2015.

Mémoires pour servir à l'histoire des insectes, de Réaumur, XVIIIe siècle à l'Institut Calvet, Bibliothèque Requien, Inv : 4.646.

 

Bibliographie :

BRUNEL, G. La peinture française du XVIe au XVIIIe siècle, Catalogue raisonné du Musée Calvet

 

 

 

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