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22 juin 2026

Le rose, d'une fleur à une couleur.

D’une fleur à une couleur défini, quelle est l’histoire de la couleur rose une demi-couleur obtenue par un mélange de blanc et de rouge ? 

L’utilisation du rose dans l’art et dans la mode s’observe dès le XIVème siècle. À ce moment-là il n’est pas question de rose mais d’incarnato en raison du colorant issu du bois du brésil utilisé pour obtenir cette couleur. Michel Pastoureau définit l’incarnato comme couleur de la carnation, entre le rouge chair et le rouge cerise. Cet entre-deux est très utilisé dans les représentations de portraits et pour les tissus. La couleur obtient son nom de rose au XVIIIème siècle lorsque l’on remarque la similarité entre la fleur et la couleur. 

Une belle représentation de cette fleur est celle proposée par Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) le « Raphaël des fleurs », qui réalisera 486 aquarelles de diverses variétés de roses pour l’Impératrice Joséphine. 

La couleur de la rose varie du rouge au rose. Celle de Redouté est fournie en pétales, et l’on peut voir les bourgeons des autres tiges. Il y montre également les feuilles et les épines. Ces détails sont représentatifs du style de Redouté à savoir, une exactitude du dessin, une justesse des couleurs et une composition réelle. 

La rose est décrite comme fragile, belle, intemporelle et devient très vite un symbole d’amour. 

Les roses, P.J. Redouté, Bibliothèque Requien, Musée Requien, Inv : 8.814

 

 

Le rose et la Vierge Marie.

La vierge Marie remettant le rosaire à Saint-Dominique, avec Sainte-Catherine de Sienne, saint Antoine de Padoue et saint François d’Assise, Paolo Biancucci, XVII, musée Calvet, Inv : 853.1

Cette œuvre peinte par Paolo Biancucci (1583-1653) met en scène la Vierge avec des saints, au moment de l’échange du 1er rosaire à Saint-Dominique. 

L’épisode du rosaire.

Marie offre le rosaire à Saint-Dominique de l’ordre des Dominicains. Etymologiquement, le mot rosaire signifie guirlande de roses, un rappel aux Je vous salue Marie qui ponctuent les prières faites avec le rosaire. 

Le rose et les roses.

La Vierge Marie est représentée avec une robe de couleur rose ce qui n’est pas traditionnel. En effet il n’existe aucune mention dans la bible de Marie portant cette couleur. Pourtant, les peintres italiens utilisent le rose pour souligner l’amour, l’humanité et la compassion, un héritage des codes médiévaux. 

Représenter la Rosa sinespina ou la Rose mystique revient à associer l’image de la Vierge Marie à celle d’une rose sans épines : symbole de sa pureté immaculée et de son absence de péchés.

Il peint des putti de part et d’autre de la vierge qui lui tendent dans chaque main des roses. Dans la Bible, ces fleurs sont offertes à la Vierge Marie par le royaume céleste symbolisé par les anges et visible par la fracture qu’il y a entre elle et la prairie sous ses pieds. 

 

Un épisode mythologie par le prisme du rose.

Apollon et Daphné, Etienne Parrocel, XVIII, Don de Marcel Puech à l’Institut Calvet, musée Calvet, Inv : 9 981.85

Un épisode des métamorphoses d’Ovide.

Ovide dans ses Métamorphoses raconte l’épisode d’Apollon, touché par une flèche du dieu de l’Amour. Il tombe amoureux de la nymphe Daphné mais celle-ci le trouve repoussant. Le passage représenté par Parrocel est la métamorphose de daphné en laurier pour échapper à son enlèvement. Nous pouvons voir en effet sur cette œuvre, ses pieds se transformer progressivement en plante.

L’utilisation du rose dans la mythologie. 

La présence du rose clair, porté par Daphné en étole vient souligner son innocence et la pureté de la jeune femme. Celui plus soutenu porté par Apollon symbolise la force de l’amour ressentie. L’usage du rose offre également une représentation qui met en valeur les corps. On peut voir ainsi la musculature du dieu et le mouvement qu’il effectue par son étole qui remue au vent.

Le rose pour représenter la mère.

Femme et enfant, Albert Gleizes, 1932-1934, Don Roche-Gleizes, 1977 à l’Institut Calvet, musée Calvet, Inv : 23.508.

Gleizes et le cubisme. 

Albert Gleizes est l’un des fondateurs du cubisme, mouvement artistique du début du XXème siècle qui propose de déconstruire le réel en démultipliant les points de vue d’un objet étudié. Ils reprennent des thèmes classiques et modernes.

Le rose maternel. 

Femme et enfant peint en 1932 s’inscrit dans le style de l’artiste de rapprocher le cubisme à la tradition de peinture religieuse. On y voit deux personnages : une femme peinte en rose et un enfant en nuances de gris. Le rose est fortement associé à la féminité et à la maternité dès le XIXème siècle ce qui permet à Gleizes de représenter dans cette œuvre, la Vierge Marie et Jésus. Le rose dans cette œuvre fait le lien entre l’enfant et sa mère qui l’entoure de façon protectrice. Cette toile destinée à ornementer une église, n’y sera jamais exposée. En effet, Gleizes est perçu comme trop radical dans son idéologie.

 

 

Oeuvres :

Les roses, P.J. Redouté, Bibliothèque Requien, Musée Requien, Inv : 8.814

La vierge Marie remettant le rosaire à Saint-Dominique, avec Sainte-Catherine de Sienne, saint Antoine de Padoue et saint François d’Assise, Paolo Biancucci, XVII, musée Calvet, Inv : 853.1

Apollon et Daphné, Etienne Parrocel, XVIII, Don de Marcel Puech à l’Institut Calvet, musée Calvet, Inv : 9 981.85

Femme et enfant, Albert Gleizes, 1932-1934, Don Roche-Gleizes, 1977 à l’Institut Calvet, musée Calvet, Inv : 23.508

Bibliographie : 

G. BRUNEL, 2015, La peinture française du XVIème au XVIIIème siècle, édition Silvana Editoriale, Milano.


P. PROVOYEUR, 2002, Un jour, œuvres sur papier du XXème siècle dans les collections du musée Calvet, Avignon. 

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