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07 août 2026

La mer

Le sable, l’eau et le soleil offrent un cadre de rêve aux vacances. L’Institut Calvet vous invite à préparer vos sorties à la mer avec ses œuvres.

 

Une journée à la mer, le matin.

 

Marine, Adrien Manglard, achat de l’Institut Calvet en 1864, musée Calvet, Inv : 846.1

Marine, peint par Adrien Manglard (1695-1760), représente un matin au port. On distingue plusieurs scènes dans ce paysage peint en format large pour y apporter de l'ampleur. Certains bateaux voguent vers l'horizon, d'autres reviennent, vers la terre ferme. Les chaloupes remuent au rythme de la marée. Le calme de la scène est retranscrit par une eau qui ne se déchaîne pas. Le ciel est dégagé, les nuages grisâtres s'en vont pour laisser place au soleil.

Dans le coin gauche, on peut voir un bateau arrimé, les voiles déjà rangées. La nature est mise en avant par Manglard, qui s'inscrit dans le genre des « marines ». Ces représentations ont pour sujet principal la mer, calme ou en mouvement, avec ou sans bateaux, en présence ou non d'un port, en minimisant la représentation humaine.

Cela explique alors le peu de détails apportés aux humains, pourtant présents en nombre. Ces personnages sont secondaires pour le peintre qui, vers la fin de sa carrière, souhaite mettre en valeur la mer seule.

Adrien Manglard est aujourd'hui connu pour avoir été l'un des maîtres de Joseph Vernet, qu'il prit comme élève à Rome. Manglard, né à Lyon, s'installe très vite à Rome, d'où il ne déménagera pas jusqu'à sa mort. Il y réalise des commandes pour l'aristocratie et reçoit les honneurs de l'académie italienne, tout en revenant parfois voir sa famille, qui vit à Avignon. C'est par la famille du peintre que Joseph Vernet apprend qu'un confrère avignonnais est installé à Rome, et qu'il cherche, à son arrivée dans la capitale en 1735, à devenir son élève.

 

Un début d'après-midi marin.

 

Marine, temps calme, ou la gondole italienne, Joseph Vernet, XVIIIe, achat de l’Institut Calvet en 1827, musée Calvet, Inv : 827.5.43

Dans la suite d'Adrien Manglard, Joseph Vernet produit lui aussi des séries de marines. Dans son œuvre Marine, temps calme, il représente la mer, qu'il place au centre de son tableau et qu'il délimite par une arche rocheuse, très à la mode dans les années 1730-1740. Créer cette arche lui permet de réaliser un cadre où il peut mettre en avant les détails de la mer. Il reprend le procédé dit « à la Piranèse », qui consiste à utiliser un élément, ici un arbre, pour délimiter un espace dans sa toile ; ainsi, Vernet met en avant deux paysages, la mer et la terre. Son travail est minutieux : il joue avec la lumière pour mettre en valeur les teintes de la mer, de plus en plus profondes, en contraste avec le ciel clair. Il représente des bateaux dérivant au loin et, lui aussi, ne peint que peu d'humains, pour laisser à la nature la place principale.

Sa représentation n'est pas influencée uniquement par son maître avignonnais Manglard. Il reprend ici les codes du rococo, que l'on peut distinguer par les habits, les robes et coiffes féminines colorées, et par la forme des costumes d'hommes. Les couleurs utilisées pour la gondole reprennent les codes de la gondole vénitienne noire, gage de sobriété. La tente érigée sur la gondole, de couleur rose, abrite du vent les passagers.

 

Une baignade pour rythmer la journée.

 

Marine aux environs de Banyuls, Louis Lina Bill, XIXe, achat de l’Institut Calvet en 1923, musée Calvet, Inv 16.455

Louis Bonnot, connu sous le nom d'artiste de Lina Bill, se consacre très tôt à la peinture et à l'immortalisation de la mer. À la fin du XIXe siècle, le genre de la marine qu'il reprend à son tour ne diffère pas des productions de Vernet ou de Manglard. On y retrouve une mer, des bateaux au large, et peu de présence humaine. Ici, c'est à l'aquarelle qu'il représente la ville de Banyuls-sur-Mer.

Cette mer, d'un bleu foncé, tranche avec les représentations de Vernet et de Manglard. Le peintre y ajoute des rochers qui donnent du relief à la composition et rappellent le paysage escarpé de la ville. Dans ses peintures, il vise une exactitude de la lumière, de la couleur et de la profondeur de champ, une attention qu’il doit à sa pratique de la photographie. La lumière qui se reflète sur l'eau, tout comme les deux silhouettes qui échangent au premier plan, contribue à installer le calme paisible de la scène.

 

Les trésors de la mer.

 

Planche XVIII, Les délices des yeux et de l’esprit ou Collection générale des diférentes espèces de coquillages que la mer renferme, George Wolfgang Knorr, 1768, Bibliothèque Museum Requien

La mer recèle des trésors pour ceux qui osent les chercher. George Wolfgang Knorr, dans son ouvrage Les Délices des yeux et de l'esprit, publié en plusieurs tomes en 1768, partage ses découvertes concernant les coquillages. Les noms qu'il mentionne ne sont plus, pour la plupart, ceux utilisés aujourd'hui, mais lors de sa parution, George Knorr en était l'un des spécialistes.

Un trésor indéniable de la mer est la perle d'eau douce ou d'eau de mer. Elle est produite par les huîtres ou par les moules. La formation de cette perle se fait par un grain de sable qui, en entrant dans la coquille, finit enroulé par un suc produit par l'animal. Le grain de sable est façonné en perle, qui se fige lorsque l'eau de mer rentre dans la coquille au moment où l'animal se nourrit.

Sur la planche XVIII, Knorr représente une moule perlière venant des Indes, du nom de « Selle Anglaise », et explique la formation de la coquille extérieure. Elle se compose d'anneaux membraneux, différentes strates de coquille, qui protègent l'intérieur du coquillage. Celui-ci est blanc, ponctué de rose, ce qui lui donne une couleur nacrée. On peut aussi admirer des stries en forme d’étoile marine tout le long de la coquille intérieure. La perle se niche alors sur l'un des côtés pour s'y former.

 

Oeuvres. 

Marine, Adrien Manglard, achat de l’Institut Calvet en 1864, musée Calvet, Inv : 846.1

Marine, temps calme, ou la gondol italienne, Joseph Vernet, XVIIIe, achat de l’Institut Calvet en 1827, musée Calvet, Inv : 827.5.43

Marine aux environs de Banyuls, Louis Lina Bill, XIXe, achat de l’Institut Calvet en 1923, musée Calvet, Inv 16.455

Planche XVIII, Les délices des yeux et de l’esprit ou Collection générale des diférentes espèces de coquillages que la mer renferme, George Wolfgang Knorr, 1768, Bibliothèque Museum Requien

 

Bibliographie.

Brunel, G, La peinture française du XVIe au XVIIIe siècle.

Provoyeur, P, Un jour, œuvres sur papier du XXe siècle dans les collections du musée Calvet Avignon.

 

 

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