08 juin 2026
Explorez le passé à travers un aperçu de nos collections archéologiques.
Trésors archéologiques - Aperçu des collections de l'Institut
À l’occasion des Journées Européennes de l’Archéologie de 2026, découvrez une sélection archéologique des collections de l’Institut !

Ce thymiaterion nous vient de la région d’Apulie, en Italie du Sud. Aussi appelé « brûle-parfum », il servait à la combustion de parfums ou d’encens lors des cérémonies religieuses et funéraires antiques.
Ces figures rouges attirent particulièrement l’œil : originaire d’Athènes, cette technique de céramique consiste à faire ressortir le pigment rougeâtre naturel de la terre par le contraste de l’engobe noire. L’enduit de couleur était appliqué sur la céramique avant cuisson, pour en masquer la couleur naturelle.
Observons d’un peu plus près les décors sur les deux parties superposées :
Registre supérieur : un jeune guerrier debout porte l’équipement typique du combattant grec, symbole de courage et d’idéal héroïque. Son élégante silhouette reflète l’importance accordée aux jeunes héros à la fin de l’époque classique.
Registre inférieur : une scène funéraire montre un jeune défunt assis, entouré de personnages participant à un rite d’hommage. Au-dessus de lui, une figure ailée, Éros (ou un génie funéraire) symbolise son passage vers l’au-delà et la protection divine de son âme.
Par son iconographie funéraire et sa fonction rituelle, ce brûle-parfum illustre les croyances grecques concernant le passage dans l’au-delà et souligne l’importance des hommages rendus aux morts à la fin du IVᵉ siècle av. J.-C.


Ce tissu nous fait voyager près de la région d’Antinoé en Égypte. Ses grandes dimensions rectangulaires (H.93 cm ; l. 145 cm) et son style décoratif permettent de lui assimiler la fonction de tissu d’ameublement.
Le décor coloré se détache sur la toile de lin écru. Une large frise de médaillons ornés de fleurs polychromes anime et structure la composition.. À intervalles réguliers, de petits médaillons représentant des bustes stylisés semblent suspendus à cette bande par un fin trait noir, tandis que des motifs végétaux rouges et verts parsèment le fond du tissu.
Si l’on observe bien, on se rend compte que ces bustes sont… à l’envers ! Cette position inattendue surprend, puisqu’une fois suspendus, ceux-ci se retrouvaient inévitablement la tête en bas. Cette particularité pourrait relever d’un effet volontaire, voire humoristique, de la part des tisserands. Elle pourrait aussi résulter d’une erreur de tissage : l’artisan aurait exécuté les bustes selon son propre sens de lecture sur le métier, sans tenir compte de l’orientation finale du textile.

Castor et Pollux, les fils jumeaux de Zeus (également appelés Dioscures) sont représentés ici de manière traditionnelle, comme deux jeunes héros voyageurs. Debout à côté de leur monture, ils sont vêtus de courts manteaux (chlamyde) généralement portés par les soldats, et coiffés de hauts bonnets en feutre (pilos).
Connaissez-vous la légende de Castor et Pollux ?
Les jumeaux Castor et Pollux naissent de Léda. Selon le mythe, Pollux est le fils de Zeus, qui a séduit Léda sous la forme d’un cygne, tandis que Castor est le fils du roi Tyndare. Les deux frères grandissent inséparables et deviennent de valeureux héros. Dans certaines représentations de leur enfance, ils sont associés à des serpents protecteurs (représenté en bas du relief), symboles de leur destinée exceptionnelle. Lors d’un combat, Castor, mortel, est tué. Refusant de vivre sans son frère, Pollux demande à Zeus de partager son immortalité avec lui. Zeus les unit alors pour l’éternité : les deux frères alternent entre le monde des dieux et celui des morts, avant d’être placés ensemble dans le ciel sous la forme de la constellation des Gémeaux, symbole de fraternité et de fidélité. L’œuf représenté renvoie à la naissance des jumeaux dans celui-ci.
À l’époque impériale, le rôle des Dioscures, à la fois héros guerriers et protecteurs, s’élargit considérablement. Au-delà de leurs fonctions militaires et salvatrices, ils sont désormais perçus comme des guides privilégiés accompagnant l’âme dans son passage vers l’au-delà.
Œuvres :
Rideau ou tenture fragmentaire, Antinoé, Don Guimet 1907 à L'institut Calvet, N° Inv A103A


