21 juillet 2026
Le parfum
Nos collections se mettent au parfum !
Dans l’Antiquité, les Égyptiens, les Grecs et les Étrusques ne parlaient pas de « parfum » comme nous aujourd’hui : ils évoquaient simplement les senteurs. Pourtant, les substances aromatiques occupaient déjà une place essentielle dans leur quotidien. Utilisées sous forme d’onguents, elles servaient à soigner, à honorer les dieux, à prendre soin du corps… et même à séduire ! Longtemps appréciées pour leurs vertus médicinales, curatives et symboliques, elles ont peu à peu conquis tous les aspects de la vie quotidienne.

Ce récipient est un lécythe : un vase fermé par un col haut et étroit.
Mais que pouvait contenir ce vase ?
Ce petit vase, destiné à contenir de l’huile parfumée, servait pendant les rites funéraires. Dans l’Antiquité, ces huiles étaient souvent élaborées grâce à la fleur la plus populaire de la Grèce antique : la rose. Elle a donné naissance à un célèbre parfum essentiellement composé d’huile végétale et de pétales de roses, parfois adjoint de jonc, appelé rhodinon. Il était fabriqué, utilisé et apprécié dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Le processus de fabrication de ce parfum était assez simple : il s’agissait de faire macérer les pétales de roses à plusieurs reprises dans une huile préalablement chauffée. Différentes recettes, plus ou moins précises dans leur mise en application, ont été retranscrites par des auteurs antiques tels que Pline l’ancien ou Dioscoride au 1er siècle après J.-C. Le rhodinon était ensuite mis en flacon pour se parfumer ou à des fins médicales ou spirituelles.
Sur ce vase, une femme élégamment vêtue d’une robe à plis se tient assise sur un siège, symbolisé par une plante. Elle tient dans sa main gauche une phiale (bol servant aux libations) et une bandelette rouge. Sa main droite tient surement un autre objet qui a été effacé. Son bandeau et ses bijoux sont richement ornés de perles.
Pour les Grecs, le parfum joue un rôle essentiel dans tous les rites qui accompagnent naissances, mariages ou funérailles. Lors des noces, la femme est mise en scène comme un véritable être de désir. Les étoffes précieuses et les bijoux rehaussent sa séduction, tandis que les fragrances du parfum participent à créer une atmosphère propice à l'union des époux. Cette union, dont la finalité est la naissance d'enfants légitimes, assure la continuité de la communauté civique, objectif fondamental du mariage.
L'encens, compagnon des rites

L’encens, aussi appelé oliban, est une résine provenant de l’écorce de certains arbres. Il est l’un des plus vieux parfums naturels. Brûlé, il occupe une place centrale dans les rituels de l’Antiquité. L’étymologie latine du mot parfum (perfumum, « à travers la fumée ») renvoie à une matière brûlée créant une odeur volatile, dont les volutes montent vers le ciel pour nourrir les dieux. Ce faisant, la fumée joue un rôle de communication privilégiée entre le monde des divinités et celui des hommes. Cette statuette de prêtre tenant de l’encens illustre particulièrement bien cette pratique.
La figure masculine à la silhouette puissante se tient debout, de face, vêtu d'une tunique réhaussée de motifs géométriques. Un manteau reprenant les mêmes codes stylistiques, pourvu d'une frange, symbole ancien de pouvoir, couvre la partie supérieure du corps. À la main gauche, l'homme abaisse une petite boite circulaire (acerra, boite à encens) et de l'autre, entre le pouce et l'index, serre sans doute un grain d'encens.
Le lys, fleur odorante et symbolique

Cette planche de Pierre-Joseph Redouté représente le lys avec élégance, fleur de parfum naturel par excellence. Dès l’antiquité, elle est utilisée pour parfumer des huiles végétales, bien que son nombre soit limité. Le lys est donc une fleur rare et précieuse, avec laquelle on fabriquait du parfum appelé susinon ou lilinum.
Au fil des siècles et selon les croyances occidentales, le lys est symboliquement rattaché à la pureté, la royauté ou encore l’honneur guerrier.
Cette représentation du XIXe siècle dépeint finement cette fleur, d’un œil de botaniste et dessinateur qu’est celui de Pierre-Joseph Redouté.
Bibliographie :
Terres sacrées de Perséphone, Collections italiotes du Musée Calvet, Avignon, Sous la direction d'Odile Cavalier


