
21 juillet 2026
L'Egypte
Durant les vacances d’été, le musée Lapidaire où sont exposées les collections égyptiennes et grecques de l’Institut Calvet vous invite à plusieurs visites guidées et à des ateliers sur l’Egypte. Nous vous proposons une rétrospective de l’époque des pharaons.
L’origine de l’au-delà égyptien.

Ce fragment présente le mythe racontant la fin du règne de Rê sur Terre issu du Livre de la vache céleste, aussi connu sous le titre Le livre de la destruction des hommes en référence aux nombreuses morts lors de la création du monde.
Après avoir créé le monde et régné comme roi, Rê, le dieu du soleil, vit avec les humains. Profitant de sa vieillesse, les humains se révoltent contre lui. En réponse à cela, Rê envoie sa fille, Hathor pour tuer ses opposants. Pris de remords, Rê cherche à arrêter Hathor et crée donc un subterfuge. Afin de la calmer, il étale de la bière teinte en rouge qu’elle prend pour du sang et boit jusqu’à l’ivresse.
Une fois la situation apaisée, Rê décide de quitter la Terre. Pour y parvenir, il demande de l’aide à la déesse du ciel, Nout, pour rejoindre les cieux. Sans succès, Rê et Nout demandent de l’aide à Noun, le gardien des océans, qui transforme Nout en vache céleste. Rê peut ainsi monter sur son dos et s’élever vers les cieux.
Ce fragment est fait de calcaire sur lequel des hiéroglyphes ont été gravés puis peints. La couleur des pigments utilisés permet de voir la réalité de la vie et de l'usage des couleurs en Égypte. Ce livre est retrouvé dans les tombeaux des pharaons tant il est important, bien qu'il soit aujourd'hui très complexe d'en faire sens et de le vocaliser, puisque les Égyptiens ne notaient pas les voyelles.
Honorer la mort et le défunt.

Apparu au début du Moyen Empire (2065-1781 av. J.-C.), disparu des pratiques puis réintroduit sous la XVIIe dynastie pharaonique, ce coffret appartient au mobilier funéraire. Il est enterré avec le défunt pour l'accompagner dans l'au-delà, ainsi que les autres objets que l'on peut trouver dans un tombeau. Pour accompagner le coffret sont enfouies des statuettes à l'effigie du défunt, appelées ouchebtis ou chaouabtis. Elles sont en bois ou en pierre et ont pour objectif d'accomplir les travaux obligatoires du mort. En effet, le dieu Osiris, responsable de l'au-delà, juge le défunt et estime s'il est digne ou non du paradis. Si tel est le cas, il l'invite à une vie céleste durant laquelle il retrouve les activités et corvées de la vie terrestre. Le défunt alterne entre des activités comme la pêche ou la chasse, ponctuées par une participation à la construction des digues, à la réalisation des moissons ou au creusement de canaux.
Pour éviter d'avoir à effectuer ces travaux, on observe une multiplication des ouchebtis dans les tombeaux. La traduction littérale de chaouabtis est « celui qui répond », signifiant que les statuettes répondent à l'appel d'Osiris à la place du défunt, qui peut alors profiter d'un séjour paisible. Ici, la couleur des ouchebtis, un bleu issu d'un mélange de minerais, semblable au lapis-lazuli, renvoie à la couleur du Nil, du ciel, et à la transmission de la vie dans l'au-delà.
Le coffre a l'aspect d'une triple chapelle avec des toits bombés que l'on retrouve souvent à cette époque. Les côtés courts, que l'on ne voit pas sur cette représentation, sont dédiés au défunt en costume de vivant. Les côtés longs, ponctués de cloisons, montrent le nom du défunt et ses titres. S'y trouvent les mentions de « Le bienheureux auprès d'Osiris, le prêtre divin d'Amon, Pa-Néfer-Néferou » ou encore « Le bienheureux auprès d'Osiris, l'archiviste en chef de la trésorerie du temple d'Amon, Pa-Néfer-Néferou ». Par ces détails, il nous est possible de savoir que Pa-Néfer-Néferou occupait une fonction importante de l'administration thébaine comme archiviste en chef attaché à un bureau.
Les statuettes permettent aussi d'en apprendre plus sur le défunt. Plus un mort possédait d'ouchebtis dans son tombeau, plus il était riche. L’Institut Calvet possède 4 ouchebtis de ce coffret sur un total bien plus important, porté à environ 365 pièces.
Sacré hippopotame.

La réputation et la représentation de l'hippopotame dépendent, en Égypte, de la perception du dieu Seth. Selon les mythes, Seth a une image positive en étant associé à la force et à l'énergie, ou à une image négative lorsqu'il est ramené à l'assassinat de son frère.
Cette ambivalence amène l'hippopotame à être plus ou moins apprécié selon les dynasties régnantes, ce qui a une incidence sur le traitement reçu par l'animal. Le mâle est souvent perçu de manière négative : il perturbe les récoltes et blesse les agriculteurs. Le sacrifier permet alors de repousser le mal. La femelle bénéficie quant à elle de l'association aux « truies célestes », les déesses Opet et Thouéris, par la fécondité et la protection qu'elle incarne. En effet, la déesse Thouéris possède un corps d'hippopotame et est priée pour un accouchement sans douleur et un post-partum réussi. La figure de l'hippopotame aussi appelé le « cochon du fleuve » est aussi associée, dans les tombeaux, au dieu Noun, et symbolise la renaissance du défunt dans l'au-delà.
Ici, l'hippopotame de calcaire est fait de manière naturaliste : sa silhouette est marquée par les rondeurs de l'animal et l'on perçoit le mouvement de sa démarche. Trouvé dans un tombeau, l'objet est un ex-voto à vocation sacrificielle utilisé pendant la « fête de l'hippopotame » de l'Ancien Empire. Cet hippopotame a donc participé à un rituel dédié à un dieu fait par Pharaon.
Œuvres :
Bibliographie :
Egypte et Provence, 1985.
Cavalier, O, Fastueuse Egypte.


